Je relis ces jours-ci le passionnant dossier sur le droit à la ville, paru dans la revue À bâbord! de décembre 2007-janvier 2008. En introduction, on présente sans détour les deux visions de la ville qui s’opposent : « La ville néolibérale a soif de profits, ce qui s’exprime notamment par la logique des mégaprojets à tout prix, souvent planifiés au détriment des populations locales. […] Devant cette ingénierie urbaine néolibérale, le concept du droit à la ville tel que l’a proposé en 1968 Henri Lefebvre, exprime ce droit, et non un simple privilège, de tout « citoyen urbain » de prendre part à la ville telle qu’elle existe, mais aussi à sa production et à sa transformation. Le droit de participer à son aménagement, le droit politique de définir la ville, le droit à un environnement sain et aussi, plus simplement encore, le droit à un logement adéquat ou à des transports collectifs accessibles. » (À bâbord!, no 22, p.17)
Cette volonté de reconquérir du pouvoir sur nos vies, sur nos espaces, se manifeste depuis quelques années par un renouveau des luttes urbaines (1), où des citoyenNEs s’unissent contre des grands projets qu’ils considèrent, à juste titre, néfastes. Quelques exemples : la résistance à l’implantation d’un nouveau Casino à Pointe-St-Charles, la Coalition pour humaniser la rue Notre-Dame et Mobilisation Turcot qui s’opposent à une autoroute et un nouvel échangeur qui donneraient encore plus de place aux voitures et aux camions. La manif-action du 30 juin dernier pour plus de logement social, organisée par le Comité BAILS, se voulait un appel à la population d’Hochelaga-Maisonneuve à reprendre possession de son quartier des mains des promoteurs-spéculateurs immobiliers.
À la mi-juillet, dans le bulletin de Québec solidaire Montréal, vous avez reçu un texte du Comité sur les questions urbaines et municipales (CQUM) intitulé QS-Montréal et les élections municipales de 2009 : Quelques éléments d'analyse. À ce moment de l’année, que l’on soit « fils de patron » ou « fille du restaurant » (ça c’est Paul Piché), c’est bien naturel de prendre une pause (salutaire!) de notre écran d’ordinateur. Puisque des élections municipales nous attendent à l’automne, je me permets cependant de vous inviter à relire ce texte (2), qui devrait éclairer votre réflexion et vous permettre de voter pour la personne et le parti qui correspondent le mieux à vos valeurs politiques. En voici quelques extraits :
« Plus que jamais une alternative populaire à la vision néolibérale et affairiste de Montréal s'impose. […] Or, c'est bien là que la gauche urbaine et municipale doit porter son coup: identifier les problèmes et articuler une vision de la ville et de sa gouvernance autre que celle qui prédomine aujourd’hui.»
« L’arrivée de Louise Harel ne change en rien la nature de Vision Montréal dont la matrice idéologique se trouve dans l’ADQ. C’est un parti qui représentera toujours les élites commerçantes de la ville, surtout francophones et ce parti est tout aussi lié aux grands intérêts immobiliers et financiers que l’administration Tremblay. Leur feuille de route en faveur de l’introduction du privé dans les affaires municipales et leur approche politique populiste favorisant la création de réseaux clientélistes se trouve aux antipodes des conceptions progressistes des pratiques démocratiques à Montréal. »
« Lors de son dernier congrès, réalisé le 23 et 24 mai dernier, Projet Montréal a considérablement étoffé son programme. Il possède aujourd’hui des positions claires en faveur du logement social et il est le seul parti à proposer des réductions des tarifs du transport en commun. Ce programme propose un approfondissement de la démocratie montréalaise en favorisant la démocratie locale […]»
Ainsi, en lisant ce texte du CQUM, vous pourrez constater que Projet Montréal et son chef Richard Bergeron mettent de l’avant les propositions les plus pertinentes pour une ville écologique, démocratique et équitable. Leur programme est donc le plus proche des valeurs de Québec solidaire. Dans notre quartier, deux candidats de grande qualité se présentent pour Projet Montréal aux élections municipales de novembre prochain : Éric Alan Caldwell (dans Hochelaga) et Carl Bégin (dans …-Longue-Pointe). Ils sont tous deux membres de la Coalition pour humaniser la rue Notre-Dame. Cet automne, nous aurons sûrement l’occasion de débattre de leurs idées avec eux.
Une période électorale est toujours féconde en débats politiques, du moins elle en offre l’occasion. Cependant, pour redonner sens à la démocratie et au politique, c’est en tout temps que doit s’exercer le « devoir citoyen », celui de s’informer le plus librement possible et d’échanger nos visions et nos préoccupations. C’est aussi dans des gestes quotidiens et des luttes locales que s’amorce la nécessaire repossession de notre quartier, de notre ville.
Bonne fin d’été à toutes et tous,
Au plaisir de militer avec vous à l’automne,
Alexandre Michaud,
Délégué QSHM à l’association régionale de Montréal
- À ce sujet, voir les articles de Nicolas Phébus, http://voixdefaits.blogspot.com/2009/05/luttes-urbaines-et-changement-social.html À lire aussi, un article paru dans Le Devoir du 4-5 juillet 2009, « Main basse sur la ville », http://www.lapointelibertaire.org/node/1015
- www.quebecsolidaire.net/montreal/….

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